Cette enquête se penche sur le portefeuille (« wallet » en anglais) européen d’identité numérique (PEIN), ce serpent de mer qu’on a tous vaguement en tête depuis quelques années. Ce type d’application, présentée comme une pièce d’identité numérique bien pratique et sécurisée par ses promoteurs, est très souvent décrite comme dangereuse pour la vie privée par ses détracteurs, qui agitent des épouvantails (le crédit social par exemple) plus qu’ils ne mobilisent des arguments.
Pour mieux comprendre de quoi on va traiter on opérera d’abord un petit détour par les super app, qui servent à la fois de modèle et de repoussoir dans le développement du PEIN. L’essentiel de notre développement est ensuite consacré à ce fameux portefeuille d’identité numérique.
La « super app », le fantasme des États et entreprises
Il existe des applications qui offrent des fonctionnalités de natures différentes dans la même interface, et sont adoptées massivement là où elles sont disponibles : ce sont les super app. Nous considérerons ici que pour être qualifiée de super, une application doit remplir deux critères :
- Assurer des fonctionnalités de nature réellement différentes. Par exemple, au moins deux des trois fonctions suivantes : communiquer (messagerie instantanée ou réseau social), entretenir des rapports avec l’État (prouver son identité, solliciter une aide sociale) ou consommer (plateforme de commerce en ligne, appli pour payer ou faire des virements instantanés). Avec cette définition, une application comme Revolut, qui a étendu son offre financière et de paiement à la réservation de séjours et au passage accéléré des contrôles aux aéroports n’est pas une super app, car ces fonctionnalités supplémentaires restent dans un seul et même champ (consommer).
- L’appli et ses différentes fonctionnalités (et pas seulement une des fonctionnalités de l’appli) doivent être…
Auteur: dev

