Depuis sa création le 19 avril 2019, le parti Chega ! (« Assez ! », CH) n’en finit plus d’obtenir des scores en hausse : une première entrée au Parlement avec un député (son leader André Ventura) aux élections législatives d’octobre 2019 ; 2 députés à l’Assemblée législative de la Région autonome des Açores en octobre 2020 ; puis 12 députés au Parlement national aux élections législatives de 2022, avec près de 7,38 %.
Ce 10 mars 2024 se sont déroulées au Portugal des élections législatives anticipées au cours desquelles Chega a considérablement amélioré son score en recueillant pas moins de 18,06 % des voix, quadruplant ainsi le nombre de ses députés au Parlement, qui passe de 12 à 48. CH représente aujourd’hui la troisième force politique au Portugal, derrière les deux grands partis de centre droit (79 sièges) et de centre gauche (77).
Un salazarisme décomplexé ?
« Nous sommes un groupe de gens ordinaires, pas une élite ; des gens qui souffrent du système actuel. » C’est ainsi que Ventura présentait sa formation politique lors de sa création en 2019. Aujourd’hui, l’objectif affiché de Chega ne serait pas – du moins d’après ses dires – de réhabiliter le salazarisme mais, avant tout, de s’insérer dans la vague populiste de droite qui, depuis plusieurs années, un peu partout en Europe, profite à de nombreuses formations de ce camp. Les deux visées n’étant pas antinomiques, André Ventura, non sans une certaine habileté, s’emploie, en jouant sur les ambiguïtés, à attirer le plus de voix possible.
Il existe une certaine proximité entre André Ventura (né en 1983) et António de Oliveira Salazar (1889-1975), qui dirigea le Portugal d’une main de fer de 1932 à 1968. Curieuse coïncidence, André Ventura eut comme l’ancien dictateur une vocation de…
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Auteur: Benjamin Rojtman-Guiraud, Doctorant en Science politique, Université de Lorraine

