Le siège de la bande de Gaza, décrété par Israël après l’attaque dévastatrice du Hamas le 7 octobre dernier, a suscité l’inquiétude au Caire. L’Égypte partage avec Gaza une frontière de 12 km et contrôle le point de passage de Rafah, qui est la principale voie de sortie pour les quelque 2 millions de personnes vivant dans la bande de Gaza.
Moina Spooner, de The Conversation Africa, a interrogé le sociologue Lorenzo Navone, qui a effectué de nombreux travaux de recherche au cours des dix dernières années, sur l’importance de ce poste-frontière qui, à ce stade, demeure fermé.
Que représente le poste-frontière de Rafah pour l’Égypte et pour la bande de Gaza ?
La région orientale de l’Égypte, le Sinaï, est limitrophe à la fois d’Israël et de Gaza. C’est entre le Sinaï et Gaza que se trouve, à Rafah, l’un des deux principaux postes-frontière à travers lesquels les Gazaouis peuvent sortir de la bande – et le seul qui n’est pas directement administré par Israël.
C’est une ouverture vitale pour la survie des habitants de Gaza. Depuis 2007, Israël impose à la bande de Gaza un blocus terrestre, maritime et aérien, doublé d’un embargo. Cette mesure fait suite au retrait des Israéliens de la bande de Gaza en 2005 et à la victoire du Hamas aux élections de 2006.
Dans les faits, l’Égypte a soutenu et continue de soutenir le blocus israélien. En effet, la frontière de Rafah est étroitement contrôlée par les forces égyptiennes, et ne s’ouvre que de manière imprévisible et ponctuelle.
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Gaza dépend entièrement de l’aide humanitaire internationale, du travail des quelques Palestiniens autorisés à travailler en Israël et des tunnels creusés sous la frontière entre l’Égypte et la bande de Gaza. Pour l’Égypte…
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Auteur: Lorenzo Navone, Lecturer, Université de Strasbourg

