Le pouvoir est plus isolé que jamais derrière sa police

Macron termine sa décennie cauchemardesque en étant le président le plus détesté de la Cinquième République. Il vient de franchir la barre des 83% de Français qui le considèrent comme un «mauvais président», et suscite un «rejet» sans précédent, selon l’institut Odoxa.

En parallèle, tout le monde, ou presque, soutient les mobilisations en cours. C’est le résultat obtenu par l’institut Elabe, une entreprise de sondage pourtant détestable par ailleurs.

Dans une enquête sur les «violences» des manifestations du 17 octobre, destinée à alimenter le narratif répressif des médias et du gouvernement, l’institut pose une série de questions très orientées, du genre : «Ressentez vous de la colère ou de la tristesse face aux violences en manifestations». Elabe ne sait même pas utiliser les bons mots : la «violence», en droit, c’est l’atteinte aux personnes uniquement. Par exemple, la police qui tire des armes explosives sur les manifestant·es. En revanche, une poubelle brûlée, une vitrine cassée et même un pillage n’est en aucun cas une «violence», puisqu’elle touche seulement des biens : dans le code pénal, il s’agit de «dégradations», voire de «vol». Elabe n’a pas pensé à interroger les sondés sur leur ressenti face aux images de mutilations d’enfants causées par la police. Quel dommage.

Dans ce sondage à charge, un petit peu de vérité surgit au milieu d’une série de questions lamentables : «93% des Français considèrent que les revendications portées par les manifestants pour le pouvoir d’achat et contre la vie chère sont légitimes, et 82% partagent cet avis à propos des revendications portées par les lycéens et les étudiants». Avec de tels chiffres, même en ayant un regard critique sur les sondeurs, on peut affirmer sans peur de se tromper que tout le monde soutient les mouvements sociaux en cours, et que les gens n’en peuvent plus du mépris et de la casse…

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Auteur: B