Vous n’avez probablement jamais entendu parler de Vitol. Et pourtant, cette discrète entreprise basée en Suisse est l’un des plus grands traders pétroliers au monde. Depuis soixante ans, le groupe sert d’intermédiaire entre des producteurs et des distributeurs d’énergies fossiles situés partout dans le monde, tirant les ficelles des marchés mondiaux de l’énergie. Chaque jour, environ 10 % de la production mondiale de pétrole est mise sur le marché par son intermédiaire.
En 2025, l’entreprise a livré au moins 11 millions de barils de pétrole brut à Israël, qui utilise une partie de ce combustible pour alimenter ses guerres au Liban, en Iran et à Gaza. Ces chiffres viennent d’être révélés par l’organisation non gouvernementale Oil Change International, qui a enquêté sur les cargaisons de brut livrées aux raffineries israéliennes depuis le début de la guerre à Gaza. Dans un rapport remis en exclusivité à Reporterre, et à d’autres médias internationaux, l’ONG montre que Vitol est devenu le premier fournisseur pétrolier identifié d’Israël.
La même année, le géant du pétrole s’est implanté en France via sa filiale VEV (Vitol Electric Vehicles), spécialisée dans l’électrification des flottes de véhicules — comme les bus ou les bennes de déchetterie. L’entreprise promet « d’accélérer la transition vers le transport zéro émission, non seulement comme une opportunité commerciale, mais aussi comme un impératif de responsabilité ». Une profession de foi pour le moins paradoxale, au vu des profits récemment réalisés par sa maison mère au Moyen-Orient.
14 millions de barils de pétrole livrés depuis le début de la guerre à Gaza
Depuis plusieurs années, l’organisation non gouvernementale Oil Change International enquête sur les activités des compagnies pétrolières. Son but, « révéler le vrai prix des énergies fossiles et faciliter une transition juste vers…
Auteur: Lyse Mauvais
