Avec une dignité nationale au plus bas, il précisait qu’il existait d’autres Etasuniens ayant beaucoup de pouvoir sur le destin de la Colombie et des Colombiens : les sous-secrétaires d’État aux affaires politiques et à la lutte contre le trafic de drogue, l’ambassadrice de l’époque à Bogota, le directeur de la Réserve fédérale, le président du sous-comité des opérations internationales du Sénat et le président de la Chambre des représentants. Cette liste comprenait également le chef de mission du FMI et le président de la Banque interaméricaine de développement (des entités contrôlées par Washington). Semana concluait, cerise sur le gâteau de l’ignominie, en affirmant qu’après la présidence colombienne, la deuxième « institution » la plus « puissante », était « le gouvernement des États-Unis ». Derrière venaient les Forces armées et le Congrès colombien. Selon Semana, ces institutions étasuniennes étaient « essentielles » au moment de décider « qui mènerait la guerre » (contre la guérilla). De même, leur « influence » s’étendait à « de nombreux domaines » tels que la justice, les douanes et même « la question pénitentiaire ».
C’est l’héritage d’une nation à genoux que le président Gustavo Petro a reçu.
Pour une fois, Petro a abordé le sujet et a reconnu, le 15 septembre dernier, que la Colombie « est presque envahie » par les forces armées étasuniennes, sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue. Petro n’a pas précisé qu’une partie de cette « invasion » est due à la présence de huit bases militaires, où un lieutenant étasunien peut donner des ordres à un général colombien, ou lui refuser l’accès selon son bon vouloir ; sans compter que les forces du Pentagone peuvent utiliser n’importe quelle base du pays, sur simple demande. Petro a également omis de mentionner que des troupes de plusieurs pays de l’OTAN…
Auteur: Hernando CALVO OSPINA

