Ces dernières semaines, l’ancien PDG de Stellantis, Carlos Tavares, a eu une forte présence médiatique à l’occasion de la promotion de son livre. Une de ses déclarations a fortement fait réagir. Selon lui, le président de la République gagnerait autant qu’un ingénieur de Stellantis, soit 19 000 euros par mois. Cela est faux. Mais au-delà du fact checking, quelle analyse pouvons-nous proposer de cette déclaration et plus largement du rapport des dirigeants aux rémunérations ?
En cet automne 2025, Carlos Tavares, ancien PDG de Stellantis à la réputation de cost killer, est en pleine promotion de son livre autobiographique, Un pilote dans la tempête (Plon). À l’écouter, ces confessions ne relèvent guère d’un exercice d’autocritique, mais plutôt d’une réhabilitation de sa personne et de son action à la tête d’un groupe pourtant aujourd’hui dans la tourmente boursière, et, confronté au scandale des airbags défectueux.
Carlos Tavares souhaite livrer sa vérité, « son éthique » comme il le dit lui-même. Il s’agit d’une belle occasion de comprendre sa rationalité en tant qu’acteur économique. Et disons-le sans suspense, celle de l’ancien PDG appartient à la catégorie de la rationalité en finalité, qui repose sur un calcul coût-bénéfice effectué dans le cadre d’une relation marchande contractuelle.
Dans son discours, on ne trouve pas de valeur ou de sens – hors du marché. Au mieux, tolère-t-il de rester dans un cadre légal, quand il répond aux journalistes que si ses rémunérations choquent, le Parlement n’a qu’à voter une nouvelle loi pour les encadrer. Mais de quoi parle-t-il et pourquoi la question de ses émoluments, comme ceux de ses comparses, déborde sa personne et peut être analysée comme un sujet central dans nos sociétés ?
Un ingénieur payé 19 000 euros. Vraiment ?
Rappelons d’abord les faits. Carlos Tavares a affirmé qu’avec environ 19 000 euros…
Auteur: Elise Penalva-Icher, Professeure des universités en sociologie, Université Paris Dauphine – PSL

