Le prix Sakharov décerné à deux journalistes emprisonnés du Biélorusse et de Géorgie

Deux journalistes emprisonnés au Biélorusse et en Géorgie, Andrzej Poczobut et Mzia Amaghlobeli, se sont vu décerner mercredi 22 octobre le prix Sakharov pour la liberté de pensée.

« Les deux sont des journalistes actuellement en prison sur la base d’accusations inventées de toutes pièces, simplement pour avoir fait leur travail et dénoncé l’injustice », a déclaré la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola. « Leur courage en a fait des symboles de la lutte pour la liberté et la démocratie. »

Ils étaient en lice pour le prestigieux prix européen, en mémoire du dissident soviétique Andreï Sakharov, aux côtés des organisations humanitaires et de journalistes opérant dans les territoires palestiniens ; et des étudiants serbes, dont le mouvement de protestation bouscule le pays depuis un an.

Ils succèdent aux opposants vénézuéliens Edmundo Gonzalez Urrutia et María Corina Machado, cette dernière tout juste récompensée du prix Nobel de la Paix.

« Le journalisme n’est pas un crime »

L’attribution du prix à ces deux journalistes « envoie un message fort à tous les prisonniers politiques : que vous n’êtes pas seuls et que le journalisme n’est pas un crime », a déclaré devant les eurodéputés l’opposante biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa, juste après l’attribution du prix. « N’abandonnez pas, continuez de vous battre quoi qu’il arrive ! », a-t-elle lancé.

Mzia Amaghlobeli, journaliste géorgienne devenue le symbole de la lutte pour la liberté de la presse dans ce pays du Caucase, a été condamnée en août à deux ans de prison pour avoir, selon l’accusation, giflé un policier lors d’une manifestation le 12 janvier dans la ville de Batoumi, sur la mer Noire. Âgée de 50 ans, cofondatrice de deux médias indépendants, rares voix critiques dans un paysage médiatique polarisé, elle est spécialisée dans les enquêtes sur le gaspillage…

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Auteur: La Croix (avec AFP)