Chacun atteste désormais que le Qatar tient un rôle essentiel dans le difficile processus de négociations entre Israël et le Hamas. On se souvient par exemple de son importance dans la mise en œuvre d’une pause temporaire des opérations militaires contre Gaza et dans la libération d’otages du 7 octobre d’une part et de prisonniers politiques palestiniens d’autre part. La principale raison de ces premiers succès relatifs, réside dans les liens que le Qatar a su nouer au cours des dernières années avec les deux principaux protagonistes de la guerre en cours.
Avec le premier, nous savons que des dirigeants importants de la direction politique extérieure du Hamas résident à Doha depuis au moins 2012, date à laquelle, prenant fait et cause pour le mouvement de contestation révolutionnaire en Syrie et se désolidarisant de Bachar Al Assad, ils sont partis de Damas. La même année, au mois d’octobre, l’émir du Qatar, Cheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani, se rend à Gaza pour une visite officielle remarquée à l’époque. C’est un fait exceptionnel, tant sont peu nombreux les responsables politiques de premier plan qui se sont rendus dans la bande de Gaza. Enfin nous savons que le Qatar versait, avec l’aval d’Israël et des États-Unis, environ 30 millions de dollars par mois pour assurer la rémunération des fonctionnaires de Gaza.
En ce qui concerne Israël les éléments sont plus ténus. Il faut néanmoins se souvenir que dès 1994, dans la logique des accords d’Oslo signés en 1993, le Qatar initie un partenariat économique avec Israël en négociant un contrat de ravitaillement en gaz naturel, puis, en 1996, accueille la première représentation commerciale israélienne dans le Golfe. Après quelques séquences de tensions ce bureau fermera en 2009 à la suite de l’opération israélienne Plomb durci contre la bande de Gaza. Depuis lors, bien que souvent tendus, les échanges politiques entre les…
La suite est à lire sur: www.la-croix.com
Auteur: Didier Billion

