En Espagne, en France, au Royaume-Uni ou en Irlande du Nord, le scénario est tristement familier. Un fait divers – souvent tragique, parfois flou, toujours émotionnellement chargé – déclenche une déferlante de haine raciste. L’événement est surmédiatisé, déformé, puis instrumentalisé par des figures politiques ou partis d’extrême droite. Les mots se transforment en actes : émeutes, attaques ciblées, incendies criminels. Ce n’est plus un emballement isolé. C’est une méthode. Une stratégie.
Début juillet, en Espagne, une agression dans la ville de Torre Pacheco a suffi à déclencher trois nuits de violences racistes. Commerces marocains pillés, habitants pourchassés, menaces et slogans haineux : la ville est tombée dans un climat de guerre civile localisée. Le tout, encouragé en sous-main par des activistes liés au parti d’extrême droite Vox, qui ont su transformer une émotion populaire en ressentiment collectif. Ce scénario, on l’a déjà vu.
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En France, l’affaire de Crépol en novembre 2023 avait été récupérée par l’extrême droite comme symbole d’un supposé « ensauvagement ». Les réseaux sociaux, les chaînes en continu et les élus d’extrême droite ont alors orchestré une campagne de diabolisation massive, créant une fracture encore plus visible dans la société. Même schéma au Royaume-Uni il y a tout juste un an, lorsqu’un triple meurtre d’enfants fut attribué à tort à un migrant musulman. Avant même que les faits ne soient établis, des groupes ultranationalistes ont lancé des manifestations violentes, attaqué des mosquées et harcelé des familles immigrées dans plusieurs villes.
Ce qui est encore plus…
Auteur: Pierre Jacquemain

