Le rapport social de la dette

La dette est associée à un discours moral qui occulte son soutien à l’ordre économique existant. En effet, la dynamique de la dette est un phénomène central du capitalisme mondial. Rappelons que la dette privée mondiale (entreprises et ménages) atteint 328 % du PIB mondial et celui de la dette publique mondiale 93 % en 2024, des ratios en croissance depuis 1975.

La dette n’est pas une obligation, c’est un rapport social entre débiteurs et créanciers dont la fonction sociale est de faire des paris de croissance économique future. Ce pari est microéconomique lorsqu’un banquier espère une croissance du chiffre d’affaires de l’entreprise permettant de rembourser les dettes issues des investissements dans un horizon fini. Il est macroéconomique lorsque les économistes ou le ministre de l’Économie espèrent que la croissance du PIB permettra de rembourser les intérêts de la dette publique chaque année. Dans tous les cas, ce rapport social nécessite une croissance économique minimale, au moins supérieure aux taux d’intérêt. Sinon, c’est l’effet boule de neige.


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Les économistes libéraux supposent que les dépenses publiques ne produisent pas de supplément de croissance, elles ne doivent pas augmenter et doivent même diminuer si on veut réduire la dette. Seuls les investissements privés permettent d’augmenter la croissance et la productivité. Il faut donc réduire ces dépenses jugées non productives plutôt que d’augmenter les prélèvements obligatoires des ménages les plus riches, dont le patrimoine est source, selon eux, de l’investissement privé, et donc de la croissance.

Les grandes transformations politiques ont toujours été l’occasion de remettre en question les…

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Auteur: Mireille Bruyère

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