Notre époque donne le vertige. Nous assistons désormais à des exécutions filmées depuis trois ou quatre angles différents, ces vidéos sont vues des millions de fois, mais les autorités nous expliquent quand même que ce sont nos yeux qui voient mal. En un mot : que la réalité est abolie.
Les dernières paroles d’Alex Pretti, infirmer de 37 ans, ont été : «Ne la touchez pas !» Il s’interposait avec son téléphone pour protéger une femme brutalisée par l’ICE, en levant son bras. Gazé, plaqué par terre, face vers le sol, frappé, encerclé par plusieurs agents. Il a été exécuté de 10 tirs dans le dos. Un policier a vidé son chargeur sur un homme à terre, comme l’aurait fait un SS. Ses collègues ont ensuite applaudi, avant de quitter les lieux.
Les dernières paroles de Renee Good étaient : «Je ne suis vraiment pas fâché contre toi, mec…» Au volant de son véhicule, elle s’adressait, avec un sourire, à un policier de l’ICE hors de lui qui la menaçait. Elle était en train de faire une manœuvre pour quitter les lieux. Quatre tirs, un en pleine tête. La mère de famille est morte sur le coup. L’ONG Index a prouvé, image par image, que les tirs sur Renee Good ont été effectués sur le côté. Le tueur n’était aucunement en danger. Il voulait exécuter une antiraciste. Sur les vidéos, il crie : «fucking bitch». Après ces tirs, un témoin de la scène supplie les policiers d’aller vérifier l’état de la victime. La réponse de l’ICE a été simple : «I don’t care», «Je m’en fiche».
Tout a été filmé, documenté, analysé, sous tous les angles.
Le chef de l’ICE, Gregory Bovino, déclare pourtant sur la mort d’Alex Pretti : «Les victimes sont les agents de la patrouille frontalière. Ils ont fait un bon travail. Il l’ont arrêté avant qu’il ne puisse le faire». Il a aussi asséné : «C’est une situation où un individu voulait faire un maximum de dégâts…
Auteur: B

