Le refus de voir l’Autre, Palestinien


Depuis le 7 octobre, date funeste de l’attaque du Hamas, nous voilà Israéliens. La barbarie du raid du mouvement islamiste, les descriptions d’actes d’une cruauté extrême et, par-dessus tout, l’innocence des victimes, tout nous invite à l’empathie. Les grands journaux télévisés, les chaînes d’information continue (je laisse de côté l’infâme CNews) nous disent quotidiennement à quelle « famille » nous devons appartenir (1). L’identification est totale. L’angoisse des parents, c’est nous. L’émotion des retrouvailles, c’est nous. Comment retenir nos sentiments quand nous voyons un gamin de dix ans sauter dans les bras de son père ? On ne saurait évidemment reprocher aux médias de montrer cela. Ce qui pose problème, c’est l’ignorance tranquille de ce qui se passe de l’autre côté.

1

En revanche, il existe des émissions de débats qui ouvrent la réflexion. C’est le cas de « C ce soir » sur France 5.

Emmanuel Lévinas (qui n’a pas toujours été très clair sur la question palestinienne) disait que celui qui n’a pas de visage n’éveille pas le sentiment d’altérité. Les Palestiniens n’ont pas de visage. Et lorsqu’ils sont montrés, c’est accompagnés de commentaires lourds de sous-entendus : ah, ces drapeaux du Hamas brandis par des foules en liesse ! Ce qui fait défaut, c’est la réinsertion de l’événement dans le temps long du conflit israélo-palestinien. Il faut d’ailleurs interroger la formule « guerre au Hamas ». Outre qu’elle n’a plus de sens quand on compte quinze mille morts civils dont cinq mille enfants, elle a pour fonction d’arracher la séquence actuelle à la globalité d’un conflit historique qui…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Denis Sieffert

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com