Le régiment Azov, l’épouvantail ukrainien au coeur de la rhétorique de « dénazification » russe

Un an et demi après le début de l’invasion de l’Ukraine, la Russie a régulièrement changé ses buts de guerre affichés et évoqué les raisons les plus variées pour justifier son agression à l’encontre du pays voisin. Mais l’affirmation que l’Ukraine serait « un régime nazi » ou, à tout le moins, un État considérant l’idéologie hitlérienne avec la plus grande sympathie, revient comme un mantra dans les propos des dirigeants russes et de leurs divers porte-voix, en Russie comme ailleurs.

L’un des arguments récurrents à l’appui de cette affirmation est le rôle joué au sein de la défense ukrainienne par le fameux régiment Azov, dont les références initiales et l’esthétique empruntent indéniablement, à l’extrême droite la plus radicale. Toutefois, pour bon nombre d’Ukrainiens, ces aspects sont soit caducs, soit secondaires. Qu’en est-il ? Adrien Nonjon, enseignant à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), vient de publier aux Éditions du Cerf la première somme en français consacrée à ce régiment si controversé qui a connu bien des évolutions depuis son apparition en 2014. Nous vous en proposons ici quelques extraits.


En décidant d’envahir l’Ukraine, la Russie a pris de court l’ensemble des chancelleries du monde, et les éléments de langage pour le moins abrupts employés par son président pour justifier cette subite entrée en conflit en ont surpris plus d’un. S’inscrivant dans une rhétorique puisant aussi bien dans l’historiographie impériale que soviétique, son discours du 22 février 2022 niait l’existence de l’Ukraine, renvoyée à une « Petite Russie », et délégitimait l’État ukrainien. Erreur de l’histoire résultant de la chute de l’URSS en 1991, l’Ukraine était également, selon le président russe, dirigée depuis la révolution du Maïdan de 2014 par une « junte fasciste » souhaitant purger la région orientale…

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Auteur: Adrien Nonjon, Doctorant en Histoire , Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)

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