Le regroupement de crédits est devenu un fait social majeur. Près de 200 000 ménages français y ont eu recours en 2025. Pourtant, on sait assez peu de choses sur eux. Une étude originale s’est penchée sur cette population. Trois cas types sont apparus, loin des stéréotypes du ménage surendetté.
Les ménages dont l’endettement entrave les capacités à faire face aux dépenses qualifiées d’ordinaires ou à réemprunter sont la cible des offres de regroupement de crédits. Aussi appelée « rachat de crédits », cette opération consiste à faire solder ses emprunts par un organisme bancaire qui devient un créancier unique. Il permet au ménage endetté de faire baisser ses mensualités et son taux d’endettement et/ou d’obtenir une trésorerie supplémentaire.
Un fait social largement inédit
Ce qui pourrait paraître un épiphénomène est en réalité un fait social de grande ampleur. En effet, en 2025, ce sont près de 200 000 ménages français qui ont effectué une simulation de regroupement de crédits sur Internet (Source : données internes à l’entreprise Ymanci, commanditaire de la présente étude).
Contrairement aux idées reçues, il s’agit en majorité de ménages propriétaires de leur résidence principale (64,76 % contre 57,4 % dans l’ensemble de la population française). Ils perçoivent un revenu mensuel médian de 2 200 euros, ce qui est légèrement supérieur au revenu médian des Français qui s’élève à 2 146 euros, et qui est relativement stable puisque 68,6 % sont en contrat à durée indéterminée ou retraités.
Ces constats conduisent à penser qu’il s’agit d’un fait social relativement inédit, et pas si facile que cela à appréhender. Notre recherche se base sur 70 entretiens avec des ménages propriétaires de leur logement (ou en accession à la propriété) ayant sollicité un rachat de crédit. Elle nous mène à différencier trois configurations qui permettent…
Auteur: Gaëtan Mangin, Enseignant contractuel en sociologie à l’Université d’Artois, rattaché à l’UMR LEM 9221, Université Bourgogne Europe

