Le Relais en grève : pourquoi les bennes à vêtements débordent

De Nancy à Arras en passant par Abbeville, vous les avez peut-être vues : les mardi 15 et mercredi 16 juillet, des montagnes de déchets sont apparues devant des magasins Decathlon et Kiabi. Loin de vouloir faire un vide-grenier géant, l’entreprise à vocation sociale Le Relais a organisé une opération de sensibilisation auprès du grand public. « C’est un peu un cri d’alerte avant de mourir », témoigne Emmanuel Pilloy, président du Relais France.

La société d’insertion créée en 1984 par des membres de la communauté Emmaüs de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) collecte et trie les vêtements placés dans ses conteneurs, avant de les revendre — principalement à l’étranger — ou les recycler. Elle demande à travers cette action une augmentation du financement par l’éco-organisme Refashion, chargé depuis 2009 par le ministère de la Transition écologique d’accompagner les marques vers le recyclage et l’économie circulaire et de collecter une somme — actuellement autour de 3 centimes — sur chaque vêtement neuf vendu.

Cette contribution finance Refashion, qui en redistribue une partie aux organismes chargés de la collecte. Le Relais n’est pas le seul, mais il est de loin le plus important, représentant les deux tiers des emplois du secteur en France.

« Si on meurt, 120 000 tonnes vont repartir à la poubelle »

« En France, 3 milliards d’articles textiles sont vendus par an. Le budget de l’éco-organisme est de 130 millions d’euros et les recycleurs que nous sommes n’ont récupéré que 30 millions », déplore Emmanuel Pilloy. En conséquence, le Relais demande un doublement de la contribution au tri — à hauteur de 304 euros par tonne de vêtements recyclés, contre 156 euros aujourd’hui, afin de soutenir les efforts.

« On a des bornes, les gens déposent, mais le tri, ça coûte de l’argent. La contribution environnementale vient rétablir l’équilibre »,…

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Auteur: Mehdi Laïdouni

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