Abdulah Arabi, représentant du Front POLISARIO en Espagne, analyse dans un entretien l’exclusion des demandeurs d’apatridie de la procédure extraordinaire de régularisation approuvée par le gouvernement, ainsi que le contexte politique lié au Sahara occidental et la position espagnole dans ce conflit.
Il soutient que la décision d’exclure les apatrides n’est ni technique ni fortuite, mais politique, car elle affecte principalement la population sahraouie, qui représente environ 95 % de ceux qui demandent ce statut en Espagne. Selon lui, la mesure constitue une « attaque directe » contre ce groupe et répond à une logique qui finit par favoriser le Maroc. Il explique qu’ils ont eu connaissance de la modification lors du débat législatif lui-même, en analysant le texte final, et estime qu’elle a été introduite dans l’objectif spécifique d’exclure ce groupe.
Concernant la politique du gouvernement, Arabi inscrit cette décision dans un changement plus large de la position espagnole sur le Sahara occidental. Il affirme que l’exécutif a consolidé une ligne alignée sur la proposition marocaine d’autonomie, ce qui, selon son évaluation, rompt avec le consensus historique des institutions espagnoles, du Congrès, du Sénat et des forces politiques, qui avaient traditionnellement soutenu une solution conforme au droit international. Il signale également que cette orientation ne bénéficie pas d’un soutien unanime au sein du gouvernement lui-même.
Abdulah Arabi indique que, selon les informations dont ils disposent, il existe un malaise parmi les dirigeants et les militants socialistes, en partie à cause du lien historique du parti avec la cause sahraouie et de l’implication de sympathisants dans des initiatives comme le programme « Vacances en paix ». Il ajoute que, lors de conversations privées, certains représentants reconnaissent des difficultés à justifier ce changement de position et perçoivent une…
Auteur:

