Le retour brutal de l’extrême droite au Brésil

On aurait pu croire le bolsonarisme frappé à l’os il y a un an, avec la courageuse incarcération de son inventeur Jair Bolsonaro, condamné à vingt-sept ans de prison pour la tentative de coup d’État du 8 janvier 2023. Mais non. L’ex-président d’extrême droite a une femme et des enfants, et son nom est devenu une marque florissante. Michelle Bolsonaro, zéro expérience en politique, vient d’être élue au Sénat, tout comme leur fils Carlos Bolsonaro. Son plus jeune frère, Jair Renan, siègera à la Chambre des députés. Mais surtout, Flávio, son aîné affectueusement surnommé « 01 » par son père, a viré en tête du premier tour du scrutin présidentiel, lors des élections générales du 4 octobre dernier.

Quand bien même la magie de Lula opérerait une dernière fois, il ne déferait que Bolsonaro fils.Car la messe politique est déjà pratiquement dite.

La famille Bolsonaro revient à l’avant de la scène politique en grande pompe et en toute homogénéité idéologique. Cependant, ce népotisme affleurant serait presque anecdotique si le bolsonarisme n’avait pas rallié plus de 56 millions de personnes derrière Flávio (Parti libéral, PL), qui devance Lula (Parti de travailleurs, PT) – 47,0 % des voix contre 45,2 %. À touche-touche, mais l’apparence est bien trompeuse. Le président sortant était donné devant dans tous les sondages, et il fait même moins bien qu’au premier tour de 2022.


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Les trois semaines à venir, jusqu’au second tour le 25 octobre, vont sans nul doute voir cet animal politique, fort de sept candidatures présidentielles, déployer toute sa science électorale pour mobiliser en vue d’un exploit : le plus performant des autres…

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Auteur: Patrick Piro