Le Rire et le couteau
Le Rire et le couteau / Pedro Pinho / 3 h 31 / Sortie : 9 juillet.
Pedro Pinho est un cinéaste qui se fait rare, mais chacune des œuvres qu’il signe est d’une réjouissante singularité. En 2017, sortait sur les écrans L’Usine de rien, après un passage à Cannes par la Quinzaine des réalisateurs (c’était son nom à l’époque), un film où l’urgence sociale y croisait l’utopie politique post-capitaliste, avec une échappée vers la comédie musicale. Le réalisateur portugais présente cette année à Un certain regard Le Rire et le couteau, une odyssée cinématographique d’une durée de 3 h 30 qui emprunte, comme le précédent, à des genres différents, offre une diversité de thématiques qu’une seule vision ne suffit à circonvenir, mais a tout de même un épicentre géographique où l’action se déroule : Bissau, capitale de la Guinée-Bissau.
C’est le point d’arrivée du protagoniste de cette histoire, Sergio (Sergio Cargem), un ingénieur environnemental portugais, qui, dans les premières images, semble sortir de nulle part avec sa vieille guimbarde sur une route en plein désert. Il se fait arrêter par un homme en arme solitaire. Un contrôle ? À sa manière : pour tout bakchich, le garde demande à Sergio s’il peut lui donner un livre. Et voilà la route à nouveau libre…
Le film va maintenir tout au long cette forme d’humour larvé, souvent orienté contre Sergio dont il émane une touche de burlesque. Qui s’explique par le regard porté par le cinéaste : Sergio arrive dans un pays marqué par la colonisation portugaise qui s’est étendue pendant plus d’un siècle jusqu’en 1974. Pedro Pinho fait en sorte de renverser les rapports de forces. Sergio va côtoyer différents milieux où il sera toujours un…
Auteur: Christophe Kantcheff

