Le RN à la chasse aux maires sans étiquette avant les élections sénatoriales

Après avoir fait campagne sans étiquette aux municipales, ces élus dévoilent leur vraie tendance. À l’approche des élections sénatoriales, qui se tiendront le 27 septembre, ils sont nombreux à être venus grossir les listes du Rassemblement national (RN).

En mars, durant la campagne, ces listes « apartisanes », présentes le plus souvent dans des communes comptant au maximum quelques milliers d’habitants, affichaient plus ou moins leur proximité avec le parti lepéniste. Certaines étaient officiellement soutenues par le RN, quand d’autres sont restées plus discrètes.

Avec au total près de 25 000 candidats, le parti d’extrême droite s’était vanté d’avoir constitué « un nombre inédit » de listes : 650. Il avait alors déjà les élections sénatoriales en tête. « L’intensité pour préparer les municipales n’a pas été la même partout du côté du RN, constate Guillaume Letourneur, docteur en science politique et auteur d’une thèse sur l’engagement au Front national (ancien nom du RN) dans la « France des oubliés ». Il y avait un réel intérêt stratégique à miser sur les départements concernés par les sénatoriales », qui ne renouvellent tous les trois ans que la moitié de la chambre haute du Parlement.

Une charte pour les candidats sans étiquette

Le Var, la Sarthe, la Somme : cette année, l’élection concerne plusieurs territoires plutôt favorables au parti de Marine Le Pen, qui entend obtenir les dix sièges nécessaires pour constituer un groupe, lui qui n’en compte que quatre.

Les membres des conseils municipaux élus en mars constituent la majorité du corps électoral. « Quand on élit un maire, on élit également ensuite un sénateur indirectement », assumait en novembre 2025 l’eurodéputé RN Julien Sanchez, directeur de campagne pour les municipales, lors d’une conférence de presse.

D’autant que pour mettre en œuvre sa stratégie, le RN avait tenté de…

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Auteur: Amandine Sanial, Fanny Marlier, Guy Pichard