Le RN, ce visage qui ne change pas

Il paraît que le Rassemblement national a changé. Qu’il s’est assagi, normalisé, débarrassé de ses vieux démons. Qu’il serait désormais un parti comme les autres, fréquentable, respectable, prêt à gouverner. Républicain, même !

Le week-end dernier, au congrès du RN, le masque est tombé. Et le visage qui est apparu n’avait rien de nouveau. Deux journalistes, de Politis et de Mediapart, ont été pris à partie, violentés et exfiltrés alors qu’ils faisaient leur travail.

Le premier a été privé de son téléphone, confisqué, l’empêchant d’exercer son métier. Le second a été expulsé brutalement, sous les cris de « Retourne dans ton sale bled ». Tous deux sont racisés. Ce détail n’en est évidemment pas un. Car derrière les éléments de langage policés des dirigeant·es du RN, le racisme reste une réalité bien vivante.

On nous expliquera sans doute qu’il ne s’agit que de débordements isolés. Isolé, aussi, ce bras tendu en plein meeting, saisi par les caméras de LCP ? On nous assurera encore que le RN ne saurait être tenu responsable de tous les comportements observés dans ses rassemblements.

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Mais à force d’accumuler les actes « isolés », c’est bien un visage familier de l’extrême droite qui se dessine. C’est dans cet environnement politique que des journalistes ont été empêchés de travailler, insultés et violentés. Et c’est bien leur présence, leur regard, leur indépendance qui ont été pris pour cibles.

Plus grave encore, des images diffusées par certains médias ont présenté notre journaliste de Politis comme un militant opposé au RN, entretenant une confusion avec une action de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF).

La liberté de la presse ne se défend pas à la carte.

Une contrevérité aussitôt exploitée par des responsables du parti pour suggérer une complicité…

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Auteur: Pierre Jacquemain