En 2023, au moins 17 millions de Français ont consommé une eau non conforme aux normes de qualité. La proposition de loi, portée par le député Jean-Claude Raux, semblait idéale pour obtenir une majorité : interdire les pesticides de synthèse et les engrais azotés minéraux autour des captages d’eau les plus sensibles d’ici 2030.
Hélas, des député·es d’extrême droite et de droite ont torpillé cette proposition de loi, obligeant ses initiateurs à retirer leur propre texte.
« Nous assistons à une obstruction en règle de la part du Rassemblement national, de la part de LR, qui ont à eux deux déposé plus de 600 amendements » sur l’ensemble des textes de la niche, a fustigé dans l’hémicycle sa présidente Cyrielle Chatelain.
« Parmi ces député·es, certain·es sont issu·es de circonscriptions où l’eau est particulièrement polluée, voire non conforme aux limites règlementaires de pesticides ou de nitrates. C’est par exemple le cas dans plusieurs communes des circonscriptions des députés RN Jean-Phillippe Tanguy, Sébastien Chenu ou encore Marine Le Pen. Cette situation devrait les inciter à agir, en tant que parlementaires. Mais apparemment, cela ne les choque pas », dénonce Greenpeace France.
Pire, le groupe LR s’est même félicité dans un communiqué d’avoir « fait obstacle à l’écologie punitive à l’Assemblée nationale » par sa « mobilisation ». De son côté, le groupe EPR de Gabriel Attal et du gouvernement, qui avait initialement promis de soutenir le texte, a tout fait pour le vider de sa substance.
« Cela a été un crève-cœur de devoir retirer ce texte car on aurait bien aimé aller jusqu’au bout », rapporte le député Jean-Claude Raux pour La Relève et La Peste. « Les débats étaient longs et pénibles, on a entendu un certain nombre d’approximations et de contre-vérités. LR et le RN étaient assez constants dans l’effort, parfois c’était même assez…
Auteur: Laurie Debove

