L’élevage intensif ? Une grande majorité de Français est contre. Et pourtant, les décisions politiques ne suivent pas. À l’Assemblée nationale, le Rassemblement national (RN) est le plus hostile à toute remise en cause de l’élevage intensif, au coude-à-coude avec la droite (Les Républicains) et le socle commun macroniste (Renaissance et ses alliés).
Nous avons passé au crible l’ensemble des 11 000 amendements qui ont fait l’objet d’un vote à l’Assemblée depuis 2022. Au total, 51 amendements portent sur l’élevage intensif, la plupart rejetés. En comparaison, seuls les groupes de gauche ont systématiquement voté en faveur d’un changement de modèle.
Ce changement de modèle est pourtant impératif pour le climat. L’élevage intensif, dramatique pour le bien-être animal, la santé mentale des éleveurs et l’environnement, soutient la surconsommation de viande. Or tous les scénarios climatiques et travaux scientifiques (ici, ici et ici) convergent : il faut manger moins de viande. “Le plus grand potentiel de transformation [pour atténuer le changement climatique] viendrait d’un passage à des régimes alimentaires à base de plantes”, rappelait en 2022 le GIEC dans son rapport sur l’atténuation du changement climatique.
Découvrez le résultat de notre analyse.
Élevage intensif : de quoi parle-t-on ?
L’élevage intensif est un système de production qui vise avant tout à maximiser les rendements économiques. Il se caractérise par une forte densité : beaucoup d’animaux au sein d’une même exploitation. Ces animaux sont confinés dans des bâtiments fermés et privés d’accès au plein air. Pour augmenter les rendements, ils sont sélectionnés génétiquement et nourris avec une alimentation conçue pour optimiser leur croissance.
En intensif, les animaux reçoivent aussi des antibiotiques pour lutter contre les maladies infectieuses. Ces dernières sont répandues…
Auteur: Awenig Marié

