Jean-Marie Burguburu est président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) depuis 2020. Il est avocat et a été bâtonnier de Paris. Le 12 juin, le bureau de la CNCDH est sorti de sa « réserve habituelle » pour lancer « un appel solennel à faire barrage aux candidats de l’extrême droite ». Un tel appel devrait être fait jeudi 4 juillet après la réunion en plénière des soixante membres de cette organisation indépendante.
La CNCDH est une autorité indépendante dont le rôle est de conseiller le gouvernement en matière de droit dit de l’homme. Ce rôle changerait-il si votre interlocuteur s’appelle Jordan Bardella ?
Jean-Marie Burguburu : La CNCDH est une institution ancienne. Elle a été créée sous les auspices de René Cassin, Prix Nobel de la paix, en 1947. Son statut actuel dépend d’une loi de mars 2007, sous le mandat de Jacques Chirac, avec un décret en juillet 2007. La CNCDH a donc pour mission de promouvoir et de défendre les droits de l’homme et d’être un conseiller indépendant du gouvernement en la matière. Nous rendons des avis, des recommandations publiées au Journal officiel et ce n’est pas un secret de dire que les gouvernements successifs ne suivent pas nos avis. Depuis 2007, dans le statut actuel, nous avons un devoir de rendre des avis, peu importe qu’ils plaisent ou non.
Je dois aussi ajouter qu’une loi antérieure de 1990, et qui est toujours en vigueur, nous amène à rédiger chaque année un rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Ce rapport, le président de la CNCDH doit le remettre au premier ministre. J’ai remis le rapport à Édouard Philippe, Jean Castex, Élisabeth Borne, et je n’ai pas réussi à le remettre à Gabriel Attal. Je le regrette. Il ne m’a pas dit non, mais son cabinet m’a fait savoir qu’il n’avait pas le temps. On verra s’il aura le temps la…
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Auteur: Hugo Boursier

