À l’approche des échéances politiques, l’idée selon laquelle le Rassemblement national (RN) n’aurait « jamais été essayé » revient régulièrement dans le débat public. Ce raisonnement vise souvent à présenter le parti d’extrême droite comme une option inexplorée, dont il serait légitime de tester l’accès au pouvoir. Mais que recouvre réellement cet argument ?
« Le RN, on n’a jamais essayé ». Ce postulat est évidement contestable que ce soit d’un point de vue historique ou géopolitique. Il peut également interroger sur sa vacuité, construite pour éviter d’aborder de véritables idées de fond et ne pas rentrer dans le cœur du sujet.
Une idée absurde
L’argument consistant à affirmer qu’il faudrait mettre le RN à la tête de la France, parce qu’on ne l’a « jamais tenté » soulève plusieurs objections d’ordre logique. Pourquoi serait-il forcément nécessaire d’expérimenter quelque chose que l’on n’a jamais essayé pour savoir s’il serait bon ou non ?
Le fait qu’une option politique n’ait jamais été appliquée ne constitue pas en soi un argument suffisant pour en démontrer la pertinence ou l’efficacité. La France n’a jamais mis ses services publics en gestion par un comité de fans de télé-réalité chargé de prioriser les urgences à l’applaudimètre. Et pourtant, cela aussi serait une “première”. La France n’a jamais tenté de remplacer le Parlement par un grand conseil d’influenceurs ni confié l’écriture des lois à une intelligence artificielle de comptoir. Et bizarrement, personne ne réclame de tester ces idées pour vérifier si la démocratie tiendrait le choc.
Les défenseurs de cet argument présentent le Rassemblement national comme s’il constituait la dernière formation politique n’ayant jamais exercé le pouvoir en France. Or, la même observation pourrait être faite à propos…
Auteur: Mr Mondialisation

