Quel est le bilan des municipales 2026 ? Les deux partis en dynamique, le RN et LFI, sont-ils renforcés en vue des élections présidentielles de l’an prochain ? Entretien avec le politiste Frédéric Sawicki.
The Conversation : quel est le bilan des municipales 2026 ?
Frédéric Sawicki : Commençons par rappeler que dans 9 communes sur 10, les élections ont été jouées dès le premier tour. Les seconds tours ont surtout concerné la France urbaine. Dans une ville sur deux au moins, trois listes étaient en compétition, confirmant la tripolarisation de notre champ politique. Au total, la stabilité politique domine car à la différence de 2008 ou 2014, ces élections municipales n’ont pas été l’occasion de sanctionner une majorité ou un gouvernement, faute de présence massive de listes se réclamant de la « majorité présidentielle ».
En conséquence les rares bascules d’un camp vers l’autre s’expliquent souvent par des considérations locales. Si le PS gagne Saint-Étienne, ça n’est pas sans lien avec les affaires qui ont affecté le maire sortant (mis en cause pour avoir utilisé une vidéo pour exercer un chantage sur son adjoint). Inversement si à Brest, le PS perd, l’effet d’usure du maire sortant, élu depuis 2001, n’y est sans doute pas pour rien. On pourrait multiplier les exemples.
On constate également un certain nombre de constantes sociologiques. Les très grandes métropoles votent toujours massivement à gauche. Dans les villes d’économie touristique, avec une forte présence de professions indépendantes, des petits patrons, de commerçants, des populations liées au monde militaire (par exemple à Toulon), ou des retraités aisés (Nice, Menton ou Cagnes-sur-Mer), le vote est fortement orienté à droite ou désormais à l’extrême droite.
Au total, on constate finalement autant de cas de bascules de la droite vers la gauche ou inversement, que des déplacements à l’intérieur de chaque…
Auteur: Frédéric Sawicki, professeur de science politique, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

