Une lente décrépitude
Depuis un peu plus de trente ans, les gouvernements, les uns après les autres, ont détérioré les services publics en général et l’hôpital en particulier. Ils n’ont pas anticipé les besoins en termes de formation, n’ont pas osé réformer les structures du privé et ont donc laissé un nombre important de nos compatriotes avec un accès au soin très restreint. Ce sont ces raisons qui mènent certains électeurs, souvent fragilisés par les tensions économiques, vers le RN. Comme le dit le politologue Jérôme Fourquet, on peut constater que c’est « un carburant du RN dans les petites villes et les villages. »
Le manque de considération symbolique pour la vie se traduit par un sentiment de relégation et conduit à une amertume qu’on retrouve dans les urnes. C’est la situation que trouvera le premier ministre qui devra se retrousser les manches le 8 juillet prochain, quel que soit son parti.
La préférence nationale comme prisme
De bonnes questions n’induisent pas toujours de bonnes réponses. Déjà en 2022, la préférence nationale était l’un des axes majeurs de Marine Le Pen. Pour son jeune dauphin, rien n’a changé, il n’envisage pas de soigner tous les humains mais de distinguer ceux qui le méritent, les Français.es, et les autres.
Il s’agit de restreindre l’accès des étrangers à certaines prestations et aides de l’État dans le but de faire des économies, dont le RSA (revenu de solidarité active), les allocations familiales et l’AME (aide médicale de l’État). Pourtant, rien ne permet de soutenir quelque fondement que ce soit à cette orientation si ce n’est le racisme.
Comme le note Médecins du Monde « le RN développe un discours de suspicion dangereux pour la cohésion sociale, décomplexant la haine dans un contexte de peurs croissantes. Cela attise les violences – déjà trop nombreuses – envers les populations les plus stigmatisées. »
Le RN projette donc…
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Auteur: Isabelle Vauconsant

