Le roman prolétarien, un roman de classe ? 

« Je crois à l’existence d’une littérature et d’un art exprimant les aspirations de la classe prolétarienne ». Voici ce qu’écrivait Henry Poulaille en 1928. Sans appartenir à une organisation politique déterminée, Poulaille était un fervent pacifiste et antimilitariste qui s’était engagé contre le colonialisme (au Maroc en particulier) ainsi que contre la répression politique en URSS, en se consacrant notamment à la défense de Victor Serge, qu’il connaissait personnellement.

Face à la montée des thèses de l’extrême-droite, et leur pénétration dans le champ politique dit républicain mais également dans la société, le thème de la bataille culturelle est devenu, sinon central, du moins majeur dans la réflexion de la gauche radicale et révolutionnaire. Ou plutôt est redevenu : d’autres avant nous ont dû réfléchir au moyen de faire porter la voix du prolétariat et du mouvement ouvrier ; dans les années 1930 Henry Poulaille (1896-1980) fut l’un.e de ceulles-là. Si ce dernier est quelque peu oublié aujourd’hui, il fut un théoricien, un penseur et un écrivain marquant d’un courant littéraire : le roman prolétarien. C’est à ce titre que nous nous intéressons à lui dans ce texte.

Henry Poulaille, théoricien et écrivain du roman prolétarien

Il naquit en 1896 dans une famille ouvrière. Fils d’un charpentier, compagnon et militant cégétiste et anarchiste, et d’une canneuse de chaise à domicile, il devint orphelin durant l’année de ses 14 ans. Suite à cela il trouva un emploi de garçon de course chez un pharmacien. Il fut mobilisé et blessé en 1916-1917 puis engagé comme infirmier jusqu’à la démobilisation ; il obtint la croix de guerre. Dans l’immédiat après-guerre il fit une série de petits boulots : vendeur de journaux, débardeur, homme-sandwich… Sa rencontre avec Frédéric Lefèvre lui permit de débuter une activité de journaliste, et surtout…

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Auteur: ugopalheta