Le RSA comme terrain de combat

C’est un débat qui divise les historiens : en créant le revenu minimum d’insertion (RMI) en 1988, Michel Rocard souhaitait-il améliorer le quotidien des classes populaires ou déployer un dispositif de contrôle et de pacification des classes dangereuses ? Quoi qu’il en soit, ce gouvernement par les miettes a permis à des millions de français de survivre dans les marges, les interstices et la débrouille pendant plusieurs décennies ; c’est-à-dire de tenir à une distance respectable l’injonction généralisée à se rendre productif et à « perdre sa vie à la gagner ». Le Comité ingouvernable des demandeurs d’emploi du Finistère et du Nord nous a transmis cette communication qui raconte les nouveaux dispositifs de mise au travail et sous pression des allocataires du RSA et l’enjeu politique qu’il y a à s’organiser pour y résister.

S’aviser de la situation

Depuis le 1er janvier 2025, la généralisation imposée de 15 à 20 heures d’activités obligatoires sur tout le territoire constitue une étape décisive dans la mise en place d’un dispositif de contrôle et de répression nullement déguisée. Ces activités se déclinent en deux volets

  • Soit des activités crétines (atelier découverte de son profil psychologique de travailleur qui, ô surprise, nous décèle un profil adopté aux « activités de terrain » disponibles, atelier d’estime de soi et d’autres encore)
  • Soit ces activités de terrain, activités d’insertion qui ressemblent en tout points à des travaux d’intérêt généraux. Ramassage de papiers, entretien des municipalités, aide au nettoyage de graffitis etc, il faut agir au profit des collectivités ou autres. Comme une condamnation.

Réplique gauchiste de base, utilisable par les partis sociaux démocrates : la dévalorisation du coût du travail puisque ce sont des activités qui pourraient être payées (voire cumulées avec le RSA par exemple) ainsi que la supression…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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