Le sauvetage spectaculaire du lynx ibérique, quasiment éteint

Madrid (Espagne), correspondance

Nous ne sommes pas condamnés à regarder les espèces s’éteindre, emportées par l’inertie de nos sociétés. Après avoir frôlé l’extinction au début des années 2000, le lynx ibérique vient de sortir de la catégorie « en danger » de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le programme de protection et de réintroduction démarré il y a plus de vingt ans montre en effet des résultats très positifs depuis ces dernières années. L’espèce n’est pas tout à fait tirée d’affaire, elle reste dans la catégorie de « vulnérable ». Mais si la dynamique actuelle suit son cours, elle devrait en sortir.

Jadis présent jusque dans le sud de la France, le lynx pardinus, de son nom scientifique, espèce endémique de la péninsule ibérique, ne vit plus que dans le sud de l’Espagne. En 2001, il n’en restait plus que 94 dans le monde : 54 dans les montagnes de la province de Jaén, en Andalousie, et 40 dans le parc naturel de Doñana et ses environs, près de Séville, dans la même région. Vingt-trois ans plus tard, le ministère pour la Transition écologique compte 2 021 lynx, repérés sur une vingtaine de points de la carte, au sud de l’Espagne et du Portugal.

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Rien n’est gagné. Pour que l’espèce soit considérée comme « viable », il faudrait que le nombre de femelles en condition de se reproduire s’approche des 1 100, contre 750 environ aujourd’hui. Autres points à contrôler, le braconnage et les collisions avec les voitures, qui causent plusieurs disparitions chaque année. Quant au risque d’une diminution importante des populations de lièvres sauvages, qui représentent 80 % de l’alimentation du lynx, il doit être surveillé de près, en raison de vagues épidémiques récurrentes. Mais le risque de disparition s’est nettement éloigné.

« Nous l’avons…

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Auteur: Alban Elkaïm