En juin 2026, la mort de Lyhanna a mis en lumière les défaillances systémiques dans le traitement des violences contre les femmes et les enfants. Des tribunaux débordés, des délais d’attente interminables et, bien souvent, des plaintes classées sans suite avant même le début d’une enquête.
« On m’avait déjà dit, avant que ça arrive, que ce serait sans doute classé sans suite », raconte une plaignante, qui a dénoncé un viol sur sa fille de 3 ans et demi. « Il y a ce que tout le monde reçoit, c’est-à-dire « infraction insuffisamment caractérisée ». »
« Rien n’oblige un parquet à mener des investigations », explique l’avocate Violaine de Filippis-Abbate, autrice du livre « Classées sans suite ». Ni audition du mis en cause, ni exploitation du téléphone, ni confrontation : ces actes d’enquête restent à la seule discrétion du parquet. Résultat, selon la chercheuse Maëlle Stricot : 86% des plaintes pour violences sexuelles et 72% pour violences conjugales sont classées sans suite.
Pour documenter cette réalité, une plateforme a vu le jour en juin 2026. Intitulée « Classés sans suite », elle recueille les témoignages anonymes de victimes et de leurs proches. En quelques semaines, plus de 7000 récits y ont déjà été déposés.
Une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles doit être examinée en septembre 2026 à l’Assemblée nationale.
Auteur: Le Média

