Le scénario d'une Terre invivable pourrait être plus proche que prévu

Les chercheurs alertent depuis longtemps sur la menace des points de bascule climatiques et le risque d’un emballement du réchauffement planétaire. Ce dernier pourrait déclencher des processus biogéophysiques, comme l’effondrement irréversible des calottes glaciaires ou la transformation de l’Amazonie en savane, qui contribueraient à transformer notre monde en une « Terre étuve ». Une planète invivable, où le réchauffement global dépasserait les 5 °C.

Le seuil à partir duquel tout pourrait dérailler reste très incertain. Il est estimé quelque part autour de 1,5 ou 3 °C, selon les processus et les études. Quoi qu’il en soit, ces seuils risquent d’être plus bas que prévu car ils oublient de prendre en compte un facteur crucial : les sociétés humaines. C’est ce que pointe un article de chercheurs de l’université britannique d’Exeter, publié le 5 novembre dans la revue Environmental Research Letters.

Les auteurs y expliquent que les boucles de rétroaction climatiques, c’est-à-dire les cercles vicieux qui auto-alimentent le réchauffement, pourraient ne pas être de nature seulement physique, mais aussi socio-économique. En clair : le changement climatique perturbe les sociétés, ce qui peut affaiblir leur capacité à agir contre le réchauffement climatique et encore aggraver le problème.

Empêcher le « déraillement » de nos sociétés

Par exemple : les catastrophes climatiques peuvent provoquer des catastrophes agricoles, des crises alimentaires et économiques, des déstabilisations politiques et contribuer à la militarisation et aux guerres. Autant de phénomènes qui vont affaiblir voire annihiler les politiques d’atténuation et d’adaptation au changement climatique que pourront financer les États.

Or, les scénarios climatiques de référence, publiés dans les rapports du Giec, ne prennent pas ces boucles de rétroaction en compte. Ces scénarios anticipent que l’on…

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Auteur: La rédaction de Reporterre