État secret, État clandestin : essai sur la transparence démocratique, Sébastien-Yves Laurent, Gallimard, coll. « NRF essais », 360 pages, 22,50 euros.
Lors de sa diffusion sur l’ensemble de la planète, Internet fut auréolé d’une croyance en un immense progrès démocratique « par le bas » : chacun·e, grâce à ces « autoroutes de l’information », allait désormais pouvoir accéder à toutes les sources et à toutes les données disponibles, en plus de diffuser des informations à toutes et tous. Or on est revenu, depuis bien des années déjà, de cette illusion d’une transparence généralisée des informations sur l’ensemble des instances de pouvoir.
Au-delà des mèmes, des activités de « fermes » de hackers et autres fake news, la fausse gratuité des sites Internet ou plutôt des « informations » diffusées entre autres par les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon ou autre Microsoft, ces mastodontes du web plus riches et plus puissants que nombre d’États sur la planète) est maintenant connue.
Une grande partie des milliards d’internautes savent aujourd’hui qu’ils sont loin, devant leurs écrans, d’avoir accès à tous les contenus et connaissances politiques, financières, sociales ou culturelles disponibles. Et que leurs données sont enregistrées non seulement par toutes les multinationales de la Toile – et commercialisées à grand profit par elles –, mais aussi par les services de renseignement des puissances étatiques.
Le rêve « libertaire » d’un réseau mondial accessible à toutes et tous s’est bien transformé en un gigantesque système de fichage et de traçage, dans une sorte de modernisation digitale de l’idée orwellienne du « big brother » (de 1984). Oubliée, l’idée…
La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Olivier Doubre

