Permettez-nous en prélude d’enrichir la littéralité incendiaire, de réhabiliter la métaphore animale et d’élargir le bestiaire en pratiquant le « bon du tigre dans le passé » (Walter Benjamin).
Que nous sachions, la bête immonde, manipulatrice des affects thymotiques, administratrice des banques de colère, trafiquante de consciences, experte comptable de la frustration, du ressentiment, de l’autorité et de la haine, sacrificatrice du bouc émissaire, sorcière capitaliste de l’industrie culturelle et de l’hégémonie télévisuelle, se chasse avec des chiens avisés.
Nous n’avons sans doute pas assez étudié les ressources que les anciens sages kuniques auraient à apporter à la stratégie d’une conjuration des égaux surfant sur la vague transversale de l’ondoyante destituante.
Nous voulons parler de la conduite exemplaire sur la place publique des chiens cyniques qui surent, de manière subversive et jubilatoire, enseigner la désinvolture et l’humilité aux grands et aux puissants de la Grèce antique. Le tout avec une remarquable efficacité communicationnelle, ceci en dépit de la récupération éhontée dont le sens actuel et dévoyé du mot cynisme témoigne. Et il n’est pas dit que les kuniques d’hier triomphent demain des cyniques d’aujourd’hui. Et le contraire non plus.
Car, s’agissant de morale conjuratoire et de pratiques de désenvoûtement de la sorcellerie capitaliste, très loin de l’humble gratitude qui signe le caractère du chien servile qui bredouille « merci patron », rien n’interdit à un chien kunique de mordre la main de celui qui le nourrit.
Franc et désintéressé, le chien kunique frétille de la queue quand il est content. Il mord à l’occasion la main de celui qui le nourrit quand il est mécontent.
Aux Archontes et oligarques qui banquetaient et qui lui jetaient des restes, Diogène de Sinope déclara en urinant sur la table du festin :’vous me traitez comme un…
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Auteur: dev

