Le Sénat a torpillé le projet de loi contre la maltraitance animale

Alors que le projet de loi sur la maltraitance animale avait été présenté en fanfare par Barbara Pompili elle-même, les sénateurs l’ont tout bonnement vidé de sa substance dans la nuit de jeudi à vendredi 1er octobre. Parmi les mesures abandonnées : la fin progressive des cétacés dans les delphinariums et des animaux sauvages dans les cirques itinérants, et l’interdiction de vente d’animaux en animalerie. Renvoyé devant l’Assemblée Nationale, les associations de défense des animaux maintiennent la pression pour que le texte retrouve son ambition originelle.

Finies les déclarations en fanfaronnade, visiblement, il est toujours l’heure « des demi-mesures ou, pire, des faux-semblants », pour paraphraser l’annonce de la ministre Barbara Pompili au coup d’envoi de ce texte qui avait été adopté à la quasi-unanimité en janvier en première lecture par l’Assemblée nationale, dans une version plus ambitieuse.

Notamment, les sénateurs ont retoqué jeudi soir deux mesures phares du texte de loi : l’interdiction progressive de la détention d’animaux sauvages dans les cirques itinérants et dans les delphinariums. A la place, les sénateurs proposent des « contrôles plus stricts » et des « fermetures ciblées », une proposition étonnante lorsque l’on connaît la diminution continue des moyens alloués par l’Etat à la surveillance des infractions à l’environnement.

« Plutôt qu’une posture idéologique », la rapporteure a défendu un « compromis » et récusé toute « dénaturation ». Mme Pompili avait au contraire insisté sur la nécessité d’« acter collectivement qu’il n’est plus raisonnable de transporter des éléphants, des otaries ou des fauves de ville en ville » ou encore sur la nécessité de « mettre fin à la présence de dauphins et d’orques » dans les delphinariums, comme le rapporte Le Monde.

Les orques devaient être libérés dans deux ans, tandis que les dauphins l’auraient été d’ici « 7 à 10 ans » le temps de trouver des solutions pérennes pour accueillir les animaux, tels que leur réintroduction dans des sanctuaires marins.

Certains sénateurs ont tout de même rappelé l’importance de mettre fin à l’exploitation d’animaux dans des cirques itinérants tels que le sénateur LR Arnaud Bazin, vétérinaire de profession.

« Un avis scientifique de la Fédération des vétérinaires européens dit de façon extrêmement claire qu’il n’y a aucune espèce de mammifères non-domestiques…

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Auteur: Laurie Debove

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