C’est une opération comptable qui redonnera un peu air temporairement à la Sécurité sociale. Le Sénat a adopté ce 22 novembre un amendement au budget de la Sécurité sociale (PLFSS), déposé à la fois par la commission des affaires sociales et par le gouvernement, pour soulager la situation financière de l’Acoss, l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale. Son rôle est capital dans la trésorerie de court terme de la protection sociale, mais elle risque l’asphyxie à cause de l’accumulation de dettes de long terme, du fait de l’accumulation des déficits annuels successifs.
Le projet de loi prévoit d’augmenter son plafond d’emprunt, de 65 à 83 milliards d’euros l’an prochain, et ce montant devrait continuer de croître dans les années. Logique, tant que la Sécurité sociale est dans le rouge.
Les mauvais souvenirs de 2020
Cette situation n’est pas sans danger. Ce n’est pas son rôle, et en cas d’incident, c’est le versement des prestations qui serait directement en jeu. À plusieurs reprises ces derniers mois, la Cour des comptes a mis en garde contre une « crise de liquidité » pour l’Acoss d’ici 2027. En se finançant sur un marché de dette de court terme, plus il y a d’acteurs qui tirent sur ce marché, plus le risque est grand.
« Pour mémoire, lors de la crise sanitaire en 2020, l’Acoss n’est pas parvenue à totalement financer sur les marchés un pic de besoin de financement de 90 milliards…
Auteur: Guillaume Jacquot

