La Chine est aujourd’hui le premier partenaire commercial du Sénégal. En se rendant à Pékin pour sa première visite hors d’Afrique du 22 au 27 juin, le Premier ministre Ousmane Sonko a affiché l’ambition d’un Sénégal plus autonome dans ses choix de partenaires. Ibrahima Niang, chercheur en sociologie économique et spécialiste des relations sino-sénégalaises décrypte les objectifs politiques de ce déplacement et les retombées possibles pour le Sénégal, Il évoque également les risques de dépendance et les conditions requises pour un partenariat équilibré avec Pékin.
Que révèle la visite du Premier ministre sénégalais en Chine sur sa nouvelle diplomatie ?
Cette visite du Premier ministre en Chine, sa première hors du continent africain, témoigne de la forte ambition diplomatique du pays. Elle s’est inscrite dans une stratégie de diversification des partenaires économiques. Ce choix intervient dans un contexte marqué par un accent souverainiste croissant au Sahel, perceptible dans les discours et les actes d’États autrefois proches de l’ancienne Métropole.
Par conséquent, il faut y lire un désir de “désoccidentaliser” la diplomatie en la recentrant vers les pays du Sud global dont la tête de pont est la Chine, seconde puissance économique et premier partenaire commercial du Sénégal. C’est aussi une rencontre qui marque vingt années de relations diplomatiques après une période de dix (1995-2005) ans durant laquelle le Sénégal n’entretenait des relations diplomatiques qu’avec Taïwan.
Quels étaient les objectifs clés de la visite du Premier ministre Sonko en Chine ?
Le prétexte de cette visite est une invitation, en tant que dirigeant africain, à venir porter la voix de l’Afrique au Forum d’été de Davos, qui s’est tenu à Tianjin, en Chine. L’objectif était de permettre au leader politique sénégalais d’y présenter les opportunités d’investissement du continent africain, et…
Auteur: Ibrahima Niang, Assistant lecturer, University of Cape Town
