Tout commence par une belle histoire : une famille trouve un chaton perdu. Ils le recueillent et lui donnent à manger. Le chaton grandit avec les enfants, accepte qu’on lui mette des clochettes autour du cou. Quelques années plus tard, il devient un magnifique serval : un petit félin aux oreilles triangulaires, au pelage tacheté… et au comportement imprévisible.
Sur les réseaux sociaux, des dizaines de vidéos de ce style circulent, la plupart sans mise en garde particulière. On y voit des servals couchés sur des canapés, souvent à côté d’enfants en bas âge, ou dans les bras d’adolescents souriants… Sauf que c’est un animal sauvage, potentiellement dangereux, qui n’a rien à faire dans un pavillon familial.
Originaire d’Afrique subsaharienne, le serval est carnivore et se nourrit de petits mammifères qu’il chasse dans la savane. Grâce à ses longues pattes musclées, il peut courir jusqu’à 80 km/h et sauter à plus de 3 m de haut pour attraper des proies en hauteur.
En France, il est interdit de détenir un serval sans posséder de certificat de capacité. La peine encourue pour détention non autorisée d’animal non domestique est de trois ans de prison et 150 000 euros d’amende. La belle histoire racontée plus haut peut donc vite se changer en séjour carcéral pour trafic d’animaux.
Le piège des réseaux sociaux
S’il est illégal de posséder un serval en France sans certificat, la législation n’est pas la même partout. En Russie et en Ukraine, par exemple, le serval est considéré comme un animal domestique. Sur les réseaux sociaux, des comptes russes, ukrainiens ou étasuniens n’hésitent donc pas à diffuser des vidéos de servals « apprivoisés », donnant le mauvais exemple.
« Les réseaux sociaux exacerbent le trafic d’animaux sauvages, explique Mia Crnojevic, de l’ONG Ifaw France, à l’origine de la campagne “Quand le like tue”, montrant l’impact des réseaux…
Auteur: Scandola Graziani
