Les scientifiques l’avaient prédit dès l’automne. Désormais, les preuves sont là. Avec 15,10 °C, 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle planétaire depuis le début des relevés en 1850. Pour la première fois, le fameux seuil de + 1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle est par ailleurs dépassé sur une année civile (avec + 1,6 °C). Autant de données alarmantes, dévoilées vendredi 10 janvier par l’observatoire européen du climat, Copernicus.
« Ces températures élevées, associées à des niveaux record de vapeur d’eau dans l’atmosphère, ont entraîné des vagues de chaleur et des précipitations abondantes sans précédent, causant la misère de millions de personnes », a déclaré Samantha Burgess, directrice adjointe du service.
Tous les voyants au rouge
À en croire le planisphère des anomalies de température, la France a cette fois-ci été globalement épargnée. Pour autant, le rouge pourpre — symbole d’anomalies allant jusqu’à +5 °C — couvre de grandes étendues au Canada, en Europe de l’Est, dans le Pacifique, ou encore en Antarctique. Et les chercheurs assurent que le changement climatique induit par les humains en est le principal moteur, bien que d’autres facteurs — tels que l’oscillation australe El Niño — aient aussi contribué.
Peut-on d’ores et déjà dire que les signataires de l’Accord de Paris ont échoué dans leur objectif de limitation du réchauffement à 1,5 °C ? Non, comme l’expliquait Reporterre en décembre. Pour être officiellement atteint, ce seuil devra être franchi sur plusieurs décennies. Ainsi, Copernicus mesure à +1,3 °C l’actuel réchauffement de la planète.
Reste que, pour l’heure, tous les compteurs sonnent l’alerte : à l’exception de juillet 2024, tous les mois depuis juillet 2023…
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