Le seul recyclage que vous aurez sera la guerre

C’est au prisme de la guerre russe en Ukraine et du double impératif politique “de coercition à l’égard du régime russe et […] de réduction de gaz à effet de serres”[1] que les relations internationales, sous la plume de Pierre Charbonnier, ont accouché de la notion d’écologie de guerre. L’idée est la suivante : les technologies bas carbone peuvent apparaître comme un bouclier contre l’arsenalisation en cours des énergies fossiles et contre l’inflation énergétique. Cette écologie de guerre serait devenue “totale” depuis l’agression israélo-étasunienne en Iran[2], et la “nécessité” pour l’Europe de s’autonomiser des États-Unis et de leur impérialisme mourant. Dans ce cadre, Charbonnier défend l’idée que l’Europe ne pourra résister à la vassalisation que si elle se dote d’un ancrage matériel de son autonomie dans l’énergie et les politiques climatiques, appelant les États de l’Union à agir.

Ces thèses, entendant décrire un nouvel âge des relations internationales dans l’Anthropocène, sont déjà entrées sous le feu des critiques matérialistes. L’exemple le plus consistant est la critique formulée par Vincent Rissier, et préfacée Paul Guillibert, dans son livre Contre l’écologie de guerre, publié à La Dispute. Dans cette critique, Rissier revient à la base de l’argumentaire de Charbonnier, et affirme que la “paix carbone” qu’aurait permise l’abondance énergétique en Occident est un mirage produit par un aveuglement du conflit impérialiste permanent mené par les États du centre dans les périphéries pendant la deuxième partie du XXème siècle. Il continue en disant que l’alliance baroque entre écologistes et patriotes défendant les interventions impérialistes au sein des pays du centre est improbable tant que ces interventions assurent l’accès aux ressources. Enfin, même si une telle écologie de guerre existait, elle risquerait surtout de…

La suite est à lire sur: www.contretemps.eu
Auteur: romain romain

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