La figure de Jonas, dont parle l’Évangile, ne veut pas simplement nous rappeler la belle histoire qu’on raconte aux enfants : Jonas englouti par un gros poisson puis rejeté, vivant, après son repentir. Trois jours et trois nuits passés dans le ventre du poisson qui annoncent les trois jours de Jésus au tombeau, entre la croix et le matin de Pâques.
En ce début de Carême, Jonas nous dit plus encore. S’il fut jeté à la mer, c’est parce qu’il avait refusé la mission que le Seigneur lui avait confiée ; il fuyait le Seigneur, n’acceptant pas d’annoncer que le Dieu de l’Alliance veut sauver les païens… Sa vie prendra un autre chemin : il sera « signe » pour les gens de Ninive, afin qu’ils se convertissent.
Et nous qui sommes compris dans la formule « cette génération », quel signe portera notre conversion ? La sagesse du chemin de Carême nous formule une proposition : qu’à l’écoute de la Parole nous fassions chaque jour un pas de plus pour revenir au Seigneur.
Cela passe par la reconnaissance de la miséricorde de Dieu, dans une prière confiante comme on la trouve au Psaume 50, pour surmonter ce que le Pape François appelait « le syndrome de Jonas » : « le syndrome de Jonas frappe ceux qui n’ont confiance que dans leur justice personnelle », et le défunt pape d’ajouter : « le véritable signe de Jonas est celui qui nous donne la confiance d’être sauvés par le sang du Christ », non par notre propre mérite. (Homélie, 14.10.2013).
Autres lectures : Jon 3, 1-10 ; Ps 50 (51)
Auteur: Michèle Clavier, laïque (diocèse de Perpignan-Elne)

