Si vous n’avez jamais lu le dialogue entre Gilles Deleuze et l’écrivain palestinien Elias Sanbar, intitulé Les indiens de Palestine, il est disponible ici.. Dans cette continuité, nous avons reçu ces quelques brefs commentaires sur le génocide en cours, à parti du concept de machine de guerre développé par Deleuze.
Prétendant fuir l’exil, le sionisme devient l’exil des autres. Il rejette les flux nomades issus de la tradition qu’il revendique, pour imposer un ordre figé : des murs, un drapeau, un oubli dressé sur des ruines encore vivantes.
Il organise le territoire, les corps et les vérités selon une logique coloniale, maquillée en récit d’errance et de refuge. Il s’appuie sur un dispositif d’occupation planifié, technologique et brutal, qui efface les noms, expulse les habitants, rase les maisons, brûle les terres, redessine les cartes. De cette violence surgissent des zones interdites, des statuts illégaux, des enfants privés de droits.
Voilà quelques contradictions inhérentes au sionisme, qu’il n’a cessé d’approfondir. Pour les dissimuler, il produit une novlangue sécuritaire autoentretenue, destinée à justifier encore et toujours la dépossession permanente du peuple palestinien.
Aujourd’hui, Israël, qui fait du sionisme son idéologie d’État, fonctionne comme l’interface high-tech du vieux monde colonial. La modernité qu’il déploie en Palestine occupée, qu’elle soit militaire ou civile, trace l’esquisse de nouvelles dominations exportables ailleurs.
En ce sens, le soutien à la Palestine n’est pas qu’une cause ou une prise de parti en Occident : il incarne une altérité radicale face à « une civilisation à son terme, et sans doute au-delà », sclérosée dans la bêtise, le racisme et le contrôle généralisé.
Le sionisme assume ainsi l’une des fonctions centrales de la machine de guerre : opérer hors des cadres étatiques directs (ici européens et étasuniens), en…
Auteur: dev

