Le skate contre la ville
1 – Aménagement de l’espace urbain et contrôle social
Nous sommes à la fin de mois de février 1848 à Paris. Les républicains libéraux et socialistes s’opposent à la royauté dans un contexte de crise économique et trois décennies après le congrès de Vienne en 1814-1815. Celui-ci avait pour vocation de répartir les territoires concernés par les conquêtes napoléonniennes du début du XIXe siècle afin de réinstaurer un ordre européen. Ces décisions sont remises en cause en 1830 avec l’instauration de la monarchie de Louis-Philippe. Mais celle-ci étant contestée par les républicains, l’ordre politique se voit déstabilisé. S’ajoutant aux crises économiques et industrielles, la situation voit se développer un mécontentement général de la population qui va se révolter du 22 au 25 février 1848. Les républicains se retrouvent, durant ces trois jours, à affronter la répression des forces de l’ordre à travers un Paris constitué de multiples petites ruelles leur permettant de se faufiler et d’échapper aux policiers à pied mais également à cheval. L’étroitesse des ruelles leur permet également de monter rapidement des barricades afin de freiner la course de la police.
Quelques années plus tard, de 1853 à 1870, Napoléon III ne souhaitant pas voir cette situation insurrectionnelle se répéter, demande à l’ancien député de l’Assemblée Nationale Georges-Eugène Haussmann d’aménager le territoire parisien en agrandissant les voies de circulation afin de faciliter d’éventuelles répressions à venir, en rendant également la constitution de barricades bloquant des rues entières plus complexes. Ces travaux d’aménagement s’inscrivent également dans un contexte d’épidémies, notamment de choléra. L’objectif de Napoléon III était donc de dominer par le bâti.
La réadaptation du bâti urbain d’Haussmann est aussi un processus d’expulsion des classes populaires…
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