Puisque les évènements du 3 janvier dernier à Caracas ont révélé à quel point les révolutionnaires cubains sont de ceux qui remplissent une mission jusqu’au bout, à plus forte raison (du moins je le suppose) s’il s’agit de se battre directement contre les soldats de l’État qui n’a cessé depuis maintenant soixante-six ans, en recourant à tous les moyens possibles et imaginables pour tout simplement détruire la Révolution dont ils sont assurément fiers, et, tout dernièrement, pour tenter de faire de leur quotidien un enfer ou presque, et puisque j’ai évoqué différents épisodes des missions internationalistes, notamment en Afrique, je donne à lire maintenant le discours prononcé par Fidel le 7 décembre 1989, un moment que beaucoup de Cubains se sont rappelés, le 15 janvier, quand ils ont rendu un hommage ému et vibrant, bien que douloureux, aux trente-deux révolutionnaires tombés en défendant Nicolás Maduro : le 7 décembre 1989, donc, le peuple cubain rendait ce même hommage à tous les Cubains, civils et militaires, tombés dans les différentes missions internationalistes en appui à des luttes de libération nationale menées contre le colonialisme et l’impérialisme. Impérialisme, un mot qu’on ne trouve plus guère dans le narratif contemporain, comme si la réalité n’en existait plus (on la couvre d’autres oripeaux censément plus modernes), mais que le peuple cubain a dû malheureusement inscrire presque dans ses gènes en se débarrassant du colonialisme espagnol. Car, on l’ignore trop souvent, Cuba a été la première victime de la jeune (super)puissance étasunienne qui, en 1898, s’estimait avoir désormais les moyens de déployer ses ailes d’aigle (selon l’image de José Martí) sur le reste du continent, sans courir trop de risques, puisqu’aucun pays européen n’était plus à même de lui mettre des bâtons dans les roues : selon une « technique » qu’elle huilera toujours plus au…
Auteur: Fidel CASTRO

