Richard Löwenthal, qui rejoignit le groupe « Organisation Léniniste »[1] — Neuer Anfang (« Nouveau départ »), publia une série d’essais critiques sur le fascisme et le stalinisme, qu’il interprétait comme deux entreprises totalitaires jumelles visant à réprimer la lutte des classes. Arrivé à Londres, il soutint l’effort de guerre britannique et contribua à rapprocher les sociaux-démocrates allemands de divers groupes dissidents de gauche en exil.
Après la guerre, il travailla comme correspondant pour Reuters et The Observer, couvrant l’évolution du communisme mondial. Il s’installa ensuite en Allemagne de l’Ouest, où il fut nommé professeur de science politique à l’Université libre de Berlin. Parmi ses étudiants figurait le leader de la Nouvelle Gauche, Rudi Dutschke. Dans les années 1960, cependant, Löwenthal était passé du socialisme révolutionnaire à la défense de l’ordre démocratique établi.
L’essai qui suit fut publié en septembre 1936. Sous le pseudonyme de Paul Sering, le jeune Löwenthal (1908-1991) y formula une critique d’une nouvelle tendance parmi les sociaux-démocrates d’Europe centrale appelée socialisme populaire (Volkssozialismus) — une forme de populisme de gauche cherchant à séduire certains secteurs de l’extrême droite. Cette tendance mettait l’accent sur le « bien-être national », abandonnait la lutte des classes et adoptait, souvent implicitement une tonalité nationaliste et xénophobe. Löwenthal y soulignait les similitudes entre ce socialisme populaire et l’aile gauche du parti nazi regroupée autour d’Otto Strasser (1897-1974).
La première traduction anglaise de cet essai parut en 1937 sous forme de brochure intitulée What Is Folksocialism ? traduite par Harriet Young et Mary Fox pour la League for Industrial Democracy[2] à New York. Le texte original allemand, « Was ist der Volkssozialismus ? », fut publié dans le dernier numéro de la…
Auteur: ugopalheta

