Le socialisme sauvage : chapitre I

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INTRODUCTION


A ce qui commence, ou éloge de l’excès.

On nous dit que la fin du monde serait aujourd’hui plus facile à imaginer que la fin du capitalisme. Cette formule, signée de la main d’un acteur médiatique de la scène néomarxiste, est sombre et prête à confusion. Il est aujourd’hui évident que le monde et le capitalisme risquent bien de n’avoir qu’une seule et même fin. Mais la formule traduit aussi l’état d’esprit des forces politiques défaites et déçues par l’effondrement du bloc capitaliste d’Etat, et pour qui l’espérance était indissociable d’un modèle étatique du bonheur social. Le slogan de Nuit debout du printemps 2016, « Une autre fin du monde est possible », est une réplique positive à la formule pessimiste de Slavoj Zizek. Elle dit que, si la route du capitalisme, jalonnée d’horreurs et de barbarie, peut nous emmener, à coup sûr, à la catastrophe finale, il nous reste toujours la liberté de penser à sa subversion et d’agir en conséquence. La fin du monde, capitaliste s’entend, ne sera pas nécessairement la fin du monde humain.

Nous n’avons pas fait un travail d’historien sur les diverses périodes révolutionnaires du mouvement socialiste, même si l’histoire est évidemment au centre de notre réflexion. Notre propos est de revisiter ces périodes, de les discuter à travers le prisme des conceptions hérétiques du socialisme. Nous l’avons fait de façon parcellaire, parfois rapide, avec un parti pris assumé. Nous sommes concerné, interpellé par les courants que les historiographies officielle et officieuse – celles qui se placent du côté de la normalité des pouvoirs en place ou en devenir – appellent les « excès des extrêmes ». Et que les chefs du socialisme orthodoxe qualifièrent très tôt de « sauvages », car ils leur échappaient. Avec ce parti…

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