Berlin (Allemagne), correspondance
C’était une promesse des Verts allemands durant la campagne électorale. La sortie du charbon, initialement prévue en 2038, sera avancée à 2030, selon le contrat de coalition présenté mercredi 24 novembre par les futurs dirigeants outre-Rhin : les sociaux-démocrates du SPD, les libéraux démocrates du FDP et l’Alliance 90/Les Verts (Grünen/Bündnis 90’).
Fruit d’un difficile compromis, le texte précise que la sortie du charbon interviendra « idéalement » en 2030 et qu’elle sera conditionnée à ce que « la sécurité de l’approvisionnement » en énergie soit « garantie » et les « difficultés sociales des travailleurs » du secteur minier soient « atténuées ».
La formulation est prudente. L’objectif paraît cependant « réaliste » aux yeux du journaliste spécialisé Malte Kreuzfeldt : en parallèle, la coalition s’engage en effet à ce que le prix de la tonne de CO2 ne descende pas sous la barre des 60 euros, ce qui aura pour effet de rendre l’exploitation du charbon non rentable pour les énergéticiens. Le contrat prévoit également de sauver cinq villages rhénans menacés de destruction par l’agrandissement de la mine de lignite de Garzweiler, près de Cologne. En 2020, le charbon représentait encore 24 % du mix électrique allemand.
« Notre façon de faire, ce n’est pas de fixer des objectifs climatiques toujours plus grands mais de prendre des mesures concrètes, a expliqué en conférence de presse Robert Habeck, le coprésident des Grünen (Les Verts). C’est comme cela que nous arriverons à respecter la trajectoire de l’Accord de Paris de ne pas dépasser 1,5 °C de réchauffement planétaire. »
Le choix du 100 % en énergies renouvelables – à terme…
Pour compenser la fin du charbon, les trois partis ont exclu de relancer le nucléaire, une énergie jugée dangereuse et coûteuse outre-Rhin. Les dernières centrales nucléaires du pays fermeront définitivement l’an prochain, selon le calendrier prévu.
SPD, Verts et FDP préfèrent miser sur le duo solaire/éolien : d’ici 2030, 80 % de la consommation d’électricité « devra être couverte » par les énergies renouvelables, contre 45 % en 2020. Pour mener à bien ce gigantesque défi, les infrastructures seront classées d’« utilité publique » pour être prioritaires sur d’autres chantiers et les procédures administratives seront simplifiées. 2 % de la surface du territoire seront dédiés à l’éolien. « Toutes les surfaces de toitures…
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Auteur: Violette Bonnebas (Reporterre) Reporterre

