Le sommet sur les océans a donné le feu vert au capitalisme bleu

Brest (Bretagne), reportage

Brest. Son crachin, ses sous-marins nucléaires, ses silos de soja du Brésil, ses paquebots à quai, son nouveau polder consacré aux énergies renouvelables… et son One Ocean Summit. Du 9 au 11 février, ce sommet international souhaité par Emmanuel Macron a réuni des représentants du milieu scientifique, des jeunes entreprises, des ONG libérales, des multinationales, banques, assurances, et un nombre de chefs d’État bien plus petit que ce qui avait été annoncé au début (une vingtaine seulement, dont le dictateur égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui accueillera la COP27 à l’automne).

En huis clos, dans les anciens entrepôts qui surplombent le port militaire, chacun, de TotalEnergies à Nestlé, a pu partager ses solutions pour lutter contre les pollutions marines et contribuer à ce que l’océan puisse encore jouer son rôle de régulateur du climat. Un entre-soi très « business-friendly », où l’on s’échange les cartes de visite entre hommes et femmes d’affaires, et où l’on se rencontre en tête-à-tête dans des salles privées. Les journalistes, eux, n’ont pas eu le droit d’être présents dans la salle pour écouter les (multiples) prises de paroles d’Emmanuel Macron, des PDG et chefs d’État le vendredi matin11 février, jour des annonces.

Malgré les grands discours, les déclarations concrètes sont restées limitées. Rien sur la surpêche qui, comme l’exploration minière sous-marine, a été reléguée dans les couloirs, pendant les pauses entre les grosses conférences, devant à peine une vingtaine de personnes.

Dans le cadre du Blue Climate Initiative, des prix à l’innovation ont été remis à différentes entreprises ; comme ici la création d’un resort de luxe écologique, sur un atoll privatisé pour que les touristes se « reconnectent avec la nature ». © Juliette Cabaço Roger/Gwenvaël Delanoë/Reporterre

Concernant le grand enjeu du plastique, 2 milliards d’euros supplémentaires ont été attribués par les banques européennes d’investissement pour financer des projets luttant contre cette pollution. Mais pas de décision politique forte ni de réglementation contraignante sur la production des plastiques à usage unique. La France annonce tout de même, avec la loi anti-gaspillage, être en passe de supprimer les emballages plastiques à usage unique d’ici 2040.

Des manifestants au One Ocean Summit de Brest. © Juliette Cabaço Roger/Gwenvaël Delanoë/Reporterre

Plus d’aires marines protégées… et d’exploration…

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Auteur: Reporterre

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