Saint-Urcisse (Tarn), reportage
Au milieu d’un paysage effrayant de cultures desséchées, à Saint-Urcisse (Tarn), un champ de sorgho aux feuilles vertes dénote par son allure bien portante. « Si j’avais su, j’aurais semé plus de surface ! » dit Mattis Esclapez.
Alors que l’été 2026 a battu des records de chaleur et de sécheresse, sa parcelle de 11 hectares de sorgho non irrigué portait en septembre de belles panicules contenant des petites graines qui nourriront ses poules pondeuses. « Toutes mes parcelles de maïs ont cramé, j’ai perdu la moitié de la récolte… alors qu’ici, c’est encore vert », constate l’agriculteur cogérant du Gaec La vie bio.
Avec son associé, ils élèvent aussi des poulets et des porcs et font de la vente directe. Pour être autonomes en aliment, ils cultivent maïs, soja, sorgho et méteil. Dans la vallée du Tescou où ils se trouvent, non loin de la forêt de Sivens, l’eau est une ressource précieuse. Une retenue d’eau leur permet d’arroser le maïs, mais cette année, comme partout en France, l’eau n’a pas pu grand-chose.
« C’est une plante beaucoup plus résiliente »
Comme le maïs, le sorgho est une céréale semée au printemps et récoltée à l’automne. Or, si les canicules précoces de ce début d’été ont fait griller les fleurs des plants de maïs, empêchant la fécondation et faisant s’effondrer les rendements, le sorgho semble avoir mieux résisté.
Dans un article récent, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) met en avant cette céréale. « C’est une plante beaucoup plus résiliente qui a tendance à refaire des talles [des tiges secondaires] qui feront des fleurs, là où le maïs aura du mal à repartir », explique Florentin Pietrus, technicien agricole et responsable d’expérimentations sur le sorgho à Diascope, un lieu d’étude géré par l’Inrae, près de…
Auteur: Anouk Passelac
