Voilà une situation bien coloniale. Deux puissants de ce monde qui délibèrent sur le destin de peuples qui n’ont pas leur mot à dire. C’est à Washington que se joue ces jours-ci le sort du Moyen-Orient. Celui des Palestiniens d’abord, mais aussi du Liban, de l’Égypte et de l’Iran. Sans surprise, c’est Benyamin Netanyahou qui était, le 4 février, le premier hôte étranger de Donald Trump à la Maison Blanche. Les deux hommes sont alliés, mais loin d’être amis (ont-ils d’ailleurs des « amis » ?). Et ils ont, à cet instant, de sérieuses divergences. Le premier ministre israélien est un myope de la toute petite histoire. La sienne. Il ne voit pas au-delà de fin mars, quand le vote du budget à la Knesset lui dira s’il dispose encore d’une majorité.
La libération des otages a mis en évidence l’omniprésence politique et militaire du Hamas qu’Israël était censé avoir « éradiqué ».
Au moment où s’ouvrent les discussions sur la deuxième phase de la trêve à Gaza, sa seule obsession est donc de sauver sa coalition avec l’extrême droite. Il lui faut pour cela reprendre le plus tôt possible le massacre des Gazaouis. D’autant plus que la libération des otages a mis en évidence l’omniprésence politique et militaire du Hamas qu’Israël était censé avoir « éradiqué ». L’échec est patent. Les deux dirigeants de l’extrême droite, Itamar Ben-Gvir, déjà démissionnaire, et Bezalel Smotrich, qui menace de l’imiter, exigent la reprise des bombardements. Paradoxalement, c’est Donald Trump, le maquignon de la géopolitique, qui voit le plus loin. C’est lui qui, dans cette affaire, gère au mieux les intérêts d’Israël. Il veut convaincre l’Arabie saoudite de rejoindre les accords d’Abraham, achevant ainsi de normaliser les relations d’Israël avec les États du Golfe.
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Auteur: Denis Sieffert

